1956 : proclamation de l'indépendance après 75 ans de protectorat français. Habib Bourguiba, rentré d'exil, est Premier ministre. Il fait adopter le code du statut personnel qui instaure l'égalité juridique entre hommes et femmes.
1957 : destitution du dernier bey et proclamation de la République. Habib Bourguiba est élu président.
1961 : "crise de Bizerte": des affrontements autour de la base militaire française de Bizerte font, selon les estimations, entre 600 et 2000 morts. La France évacue finalement la base navale en octobre 1963.
1964 : nationalisation des terres coloniales et instauration d'une économie planifiée.
1969 : émeutes dans le Sahel contre la collectivisation des terres; le gouvernement met fin à l'économie planifiée.
1975 : Habib Bourguiba fait modifier la constitution et devient président à vie.
1978 : une grève générale tourne à l'émeute. La répression fait plus de 200 morts.
1983-1984 : "émeutes du pain" dans le sud du pays et à Tunis.
1987 : Habib Bourguiba est déposé pour "sénilité" par le premier ministre Zine el-Abidine ben Ali qui lui succède.
1988 : signature du Pacte national entre le pouvoir et les principales forces politiques à l'exception des islamistes.
1989 : Zine el-Abidine ben Ali est élu président avec 99,27% des voix.
1991 : la répression s'abat sur le parti islamiste Ennahda.
1994 : candidat unique, le président Ben Ali est réélu avec 99,9% des voix.
1999 : troisième réélection de Ben Ali avec 99,4% des suffrages.
Avril 2000 : décès de Habib Bourguiba.
Grève de la faim du journaliste contestataire Taoufik Ben Brik.
Avril 2002 : 19 personnes sont tuées dans un attentat contre la synagogue de Djerba, revendiqué par Al Qaïda.
Mai 2002 : un référendum constitutionnel adopté par 99,52% des électeurs autorise le renouvellement sans limite des candidatures à la présidence de la République.
Septembre 2002 : libération du dirigeant du Parti communiste Hamma Hammami, qui a purgé une peine de onze années d'emprisonnement pour " appartenance à organisation illégale ".
Octobre 2004 : Ben Ali réélu pour la quatrième fois avec 94,49 % des voix.
Octobre-novembre 2005 : grève de la faim d'opposants, dont des islamistes, pour la défense des libertés publiques.
Octobre 2006 : Tunis rompt ses relations avec le Qatar pour protester contre la diffusion, par la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira, d'interviews de l'opposant tunisien, Moncef Marzouki.
Janvier 2007 : des affrontements ont lieu entre les forces de sécurité et un groupe salafiste près de Tunis. A la suite de ces affrontements, la répression contre les islamistes radicaux s'accentue en Tunisie.
Juin 2008 : émeutes dans la région minière de Gafsa en effervescence depuis plusieurs mois. Les meneurs du mouvement social seront condamnés à dix ans de prison.
Décembre 2008 : un diplomate tunisien est condamné par la France à huit ans de réclusion criminelle pour complicité dans des actes de torture.
Octobre 2009 : Ben Ali est élu pour la cinquième fois président de la république, avec 89,62% des suffrages.
Novembre 2009 : procès du journaliste d'opposition Taoufik Ben Brik, arreté après la prétendue agression d'une femme qui a déposé plainte contre lui. Il est condamné à six mois de prison ferme.
Avril 2010 : libération de Taoufik Ben Brik.
Juillet 2010 : le journaliste Fahem Boukadous pour avoir témoigné de l'agitation sociale à Gafsa en 2008.
Décembre 2010 : la ville de Sidi Bouzid, au sud de Tunis, s'enflamme après qu'un jeune marchand, Mohamed Bouazizi, a qui l'on a confisqué sa marchandise, se soit immolé. Rapidement, la vague de protestation de jeunes chômeurs gagne d'autres villes dans l'intérieur du pays.
Janvier 2011 : les 8 et 9 janvier, la police tire dans la foule à Kasserine, faisant au moins 20 morts. Le mouvement de contestation s'étend à l'ensemble de la Tunisie. De sociale, la contestation devient dès lors politique.
Le 13 janvier, Ben Ali annonce des mesures de libéralisation du régime et s'engage à ne pas se représenter en 2014. Le lendemain, le président sortant quitte le pays. Le président du parlement assure l'intérim.
Le 17, le Premier ministre sortant forme un gouvernement d'union nationale comprenant des personnalités de l'opposition -rapidement contesté dans la rue-, des élections dans les six mois auxquelles pourront participer tous les partis politiques et une amnistie des prisonniers d'opinion.