Cela n'est pas un hasard si les avocats ont été les premiers à organiser à Tunis, dès le 27 décembre, une manifestation de soutien aux jeunes émeutiers de Sidi Bouzid : le barreau, dans la Tunisie de Ben Ali, faisait un peu figure de village d'Astérix. Un bastion de résistance à la mainmise du pouvoir sur l'ensemble des corps constitués, politiques ou professionnels. "Nous sommes les seuls élus de Tunisie !" dit fièrement le bâtonnier Abderrazak Kilani, patron du Conseil de l'ordre. Forte de 10 000 membres, dans un pays de 10 millions d'habitants, la profession avait en effet réussi à préserver, contre vents et marées, le droit de choisir ses représentants. Toutes les tendances sont d'ailleurs représentées au Conseil de l'Ordre: laïcs et islamistes, membres du parti au pouvoir et opposants de toujours. "L'Ordre n'a plié ni devant Bourguiba, ni devant Ben Ali, il a été un front du refus contre l'asservissement de la justice" dit Me Alya Cherif Chammari, avocate et petite-fille d'avocat.
Culture contestataire
Les avocats d'aujourd'hui sont les héritiers d'une longue tradition. "Le mouvement indépendantiste tunisien, rappelle Me Kilani, a été créé et dirigé par des avocats. Par la suite, en défendant les opprimés face à un ordre répressif, la profession n'a jamais cessé de se battre pour les libertés et les droits de l'homme." Pas un procès politique en effet, ces dernières années, dans lequel les avocats n'aient dénoncé avec force l'asservissement de la justice. Il faut dire que la formation et l'entrée dans la profession se faisaient jusqu'à une date récente sans que le pouvoir y mette directement son nez: un cursus universitaire couronné par le Certificat d'aptitude à la profession d'avocat. La réforme introduite il y a deux ans par le gouvernement - création un institut spécialisé dont il était facile d'exclure les candidats ... Lire la suite sur LEXPRESS.fr
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