
- Nom :
- Prénom : Zine El Abidine
- Né(e) le : 03 septembre 1936 - à : Hammam Sousse - Tunisie
- Président de la République
Par SYLVIANE MOUKHEIBER, le 11 janvier 2011 à 20h49, mis à jour le 19 janvier 2011 à 20:51
Zine El Abidine Ben Ali arrivé en sauveur au pouvoir, devient rapidement un autocrate impitoyable. Si sous son règne la Tunisie connaît un essor économique, les libertés sont bafouées et il a transformé le pays en état policier.
Biographie
Le 26 octobre 2009, le président, Zine El Abidine Ben Ali est réélu à la tête de la Tunisie pour un cinquième quinquennat. Voilà 23 ans qu'il l'est tous les cinq ans avec des scores dignes d'une république bananière. Il aura réussi à se maintenir au pouvoir, en dépit des critiques sur une démocratisation jugée trop lente, et à faire prospérer l'économie.
Le 7 novembre 1987, Ben Ali alors Premier ministre et ministre de l'Intérieur renverse "sans violence ni effusion de sang ", Habib Bourguiba malade et vieillissant." Un coup d'Etat médical ".
Il apporte l'espoir, c'est un pays alors à la dérive qui l'accueille en "sauveur". Il promet la démocratie, mais il n'en a rien été. Il a joué la carte de la sécurité qui à ses yeux sert le développement économique de la Tunisie, multiplié les forces de l'ordre. La peur règne dans le pays. Il a aussi muselé l'opposition et, très vite, étouffé dans l'œuf le parti islamiste Ennahdha. Un combat qu'il a poursuivi avec fermeté contre les islamistes et la pensée salafiste.
Un régime autoritaire
Dés son arrivée au pouvoir, Ben Ali supprime" la présidence à vie" instituée par Bourguiba et limite à trois le nombre de mandats présidentiels. Mais en 2002, il fait adopter par référendum une modification constitutionnelle qui lui permet de rester au pouvoir.
Il introduit le pluralisme à petite dose au parlement en 1994 et organise en 1999 la première élection présidentielle pluraliste de l'histoire de la Tunisie. Mais, pour ses adversaires politiques, c'est un pluralisme de façade. Ils lui reprochent un contrôle des médias et des associations civiles.
Décrit comme " autoritaire "ou " policier" par une partie de l'opposition et les ONG de défense des droits de l'homme, son régime est accusé d'atteintes aux libertés, sous couvert de lutte contre l'islamisme. Il fera mater par l'armée en juin 2008, des émeutes sur fond de chômage et de népotisme dans le sud-ouest.
Un pays moderne
Il a son actif, une politique sociale dite de « solidarité », la défense de la laïcité et le statut de la femme. Il a poursuivi la politique d'émancipation féminine initiée par son prédécesseur. Le code de la famille tunisien est moderne et progressiste. Par ailleurs, il s'était donné pour objectif de "hisser la Tunisie au rang des pays développés", malgré la crise et le chômage. Le développement économique est réussi. La classe moyenne constitue 80 % de la population. Sous sa présidence, l'économie tunisienne était, en termes de compétitivité, bien classée en Afrique. Pour ses alliés occidentaux, Ben Ali incarne la stabilité propice aux flux de capitaux dans son pays prisé par des millions de touristes européens.
Ben Ali est né le 3 septembre 1936 à Hammam Sousse, dans une famille modeste de onze enfants. Il fait des études militaires en France à Saint-Cyr en 1956, puis à l'Ecole supérieure de renseignement et de sécurité aux Etats-Unis. Rentré à Tunis en 1958, il dirige pendant seize ans la sécurité militaire (SM), puis est nommé à la tête de la Sureté générale. Devenu gênant, il subit deux exils forcés. L'un au Maroc, comme attaché militaire en 1974, l'autre, comme ambassadeur à Varsovie. Rappelé en Tunisie par Bourguiba en1984, il mâte la « révolte du pain ». Deux ans plus tard, il est nommé ministre de l'intérieur, poste qu'il cumulera avec celui de Premier ministre jusqu'à la destitution du père de l'indépendance. Il a pour obsession, la sécurité et le maintien de l'ordre, réprime, emprisonne ses opposants, qu'ils soient islamistes ou non.
Père de six enfants, trois filles d'un premier mariage, deux filles et un garçon avec sa seconde épouse Leila trabelsi, très présente dans la vie politique et sociale du pays. Sa famille, ses gendres, font main basse sur le pays, instaurant un système "quasi mafieux".
En arrivant au pouvoir, Ben Ali promettait la démocratie. Cet homme d'ordre, est devenu au fil des ans un impitoyable autocrate, qui a transformé la Tunisie en état policier. Ses 23 ans de règne, ont malheureusement conjugué confort économique et chape de plomb.
La " révolution du jasmin"
Une révolte contre l'abitraire du régime et sa corruption aura raison du dictateur et de son régime. " La révolution du jasmin" n'aura duré que quelques semaines. Le 7 décembre 2010, Mohamed Bouazizi un jeune marchand ambulant à qui on a confisqué la marchandise, s'immole par le feu à Sidi Bouzid. Le 22 décembre, Houcine Neji se suicide devant la foule à Menzel. Début d'une vague de contestation contre la vie chère et le chômage. A Kassérine, des émeutes sont sévèrement réprimées, faisant 21 morts. Le 10 janvier 2011, Ben Ali dénonce des "actes terroristes", annonce la création de 300.000 emplois d'ici 2012, espérant ainsi calmer la colère du peuple. Mais les manifestations se poursuivent, faisant de nombreuses victimes. Les affrontements gagnent la capitale. Le 13, dans un discours, le président Ben Ali s'engage à quitter le pouvoir en 2014 à la fin de son mandat et ordonne la fin des tirs à balles réelles contre les manifestations. Il promet la liberté d'information. Il vient de signer son arrêt de mort politique. Le 14 janvier à Tunis, une manifestation tourne à l'émeute. Le gouvernement est limogé, l'état d'urgence décrété. Ben Ali quitte le pays pour l'Arabie Saoudite, mettant fin à 23 d'oppression.
http://lci.tf1.fr/biographies/zine-el-abidine-ben-ali-6220620.html