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samedi 12 février 2011

Les irréductibles de la place Tahrir

Le Temps-Agences - Les centaines de milliers de manifestants rassemblés sur la place Tahrir au Caire n'en démordent pas: ils ne partiront pas avant le départ du président Hosni Moubarak et pressent la puissante armée de "ne pas lâcher le peuple".

"Ici se déroule la plus grande révolution au monde. L'armée doit immédiatement prendre la décision de faire tomber Moubarak, même par la force", s'exclame Mohamed, 60 ans, à deux pas des tanks postés près du Musée national qui jouxte la place, épicentre de la contestation.

"Armée d'Egypte, ne nous déçois pas", s'égosillait entre-temps une voix à travers un haut-parleur.

Dans une ambiance chargée d'émotion, les protestataires qui défilent sur cette place depuis le 25 janvier contre Moubarak, au pouvoir depuis près de 30 ans, jurent qu'ils ne bougeront pas, même après que l'armée a exprimé son soutien aux réformes annoncées jeudi par le président.

"S'il est déterminé, nous le sommes encore plus. C'est un individu contre 85 millions", assure de son côté Chérif El-Araf.

"Quand il partira, nous partirons", lance Walid Rmeih, 29 ans, licencié en sciences de l'éducation. "Nous voulons qu'il soit jugé!", ajoute ce jeune au chômage.

Plusieurs pancartes brandies par les manifestants appelaient à un "procès immédiat" du président égyptien.

Les manifestants ont connu un moment d'émotion en matinée lorsque, selon des témoins, trois soldats de l'armée égyptienne ont abandonné leurs armes et leurs uniformes pour se joindre à eux.

"Ils se sont joints à la foule en souriant et ont chanté des slogans pour que le régime tombe", a déclaré à l'AFP l'un de ces témoins, Omar Gamal, un étudiant, qui ne cache pas sa joie.

"Il faut que l'armée et le peuple restent main dans la main. L'armée, c'est une garantie de la stabilité", dit-il.

Mais des manifestants rassemblés devant le palais présidentiel lourdement gardé au Caire, et dont la plupart espéraient obtenir le ralliement de l'armée, ont laissé éclater leur colère en apprenant la position des militaires.

L'un d'entre eux a arraché le micro des mains de l'officier qui lisait le communiqué des militaires pour protester.

"Vous nous avez déçus, on avait mis tous nos espoirs en vous", a-t-il crié, tandis que la foule entonnait des slogans réclamant que le président Moubarak soit jugé.

"Non, non, ce n'est pas un coup d'Etat", s'est défendu le colonel en assurant que l'armée ne prendrait pas le pouvoir, mais veillerait à ce que la volonté populaire soit reflétée dans le programme de réformes du régime.

A la place Tahrir, le cheikh dirigeant la prière de vendredi s'est évanoui à la fin de son prêche, après avoir appelé l'armée égyptienne à "agir d'une manière qui soit acceptable devant Dieu le jour du Jugement dernier".

Mais avec ou sans l'armée, les manifestants semblaient vouloir résister jusqu'au bout.

Dans un communiqué du conseil suprême des forces armées, l'armée a assuré qu'elle garantirait des "élections libres et transparentes", au lendemain de l'annonce par Moubarak qu'il déléguait ses prérogatives à son vice-président.

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La révolution des dessinateurs

Le Temps-Agences - Les dessins jouent un rôle essentiel dans les mouvements tunisiens et égyptiens. Comme dans toute révolution.

Ça y est. Grâce à un mouvement de protestation sans précédent, le président égyptien Hosni Moubarak a démissionné. Les manifestations pourraient toutefois se poursuivre, dans les prochains jours, sur la place Tarhir du Caire, devenue le symbole de la révolution en Egypte. Après tout, les Tunisiens continuent de manifester, un mois et demi après le début de leur propre révolution, malgré la fuite du despote Ben Ali. Quelles que soient les issues de ces deux soulèvements, ils auront rassemblé autour de mêmes frustrations jeunes et vieux, professeurs ou artisans, chômeurs et ingénieurs et... quelques dessinateurs, qui ont pris part à la contestation.

En Tunisie, -z- est l'un des plus actifs, notamment sur la Toile. Sur son blog Debatunisie, qu'il a lancé il y a plus de trois ans, il livre depuis le début du mouvement de contestation ses humeurs par des dessins qu'il accompagne généralement d'un court texte. De la violence de la répression aux promesses tardives de Ben Ali, rien n'a échappé à son coup de crayon aguerri. Depuis le départ de l'ancien dictateur, il continue à croquer l'actualité de son pays, avec ses multiples remaniements ministériels, ses doutes et ses espoirs. Des dessins parfois drôles, souvent amers, toujours percutants.

Malgré l'évolution de la situation dans le pays, -z- a décidé de rester anonyme, en attendant de voir la suite des événements. S'il a conscience du rôle éminemment politique de ses dessins, qui circulent à vitesse grand V sur les réseaux sociaux depuis le début de la contestation, il refuse de prendre parti estimant que ce n'est pas là son rôle.

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Les manifestants en veulent à l'armée

Le Temps-Agences - Les manifestants égyptiens ont réagi avec colère hier aux déclarations de l'armée soutenant les réformes annoncées par le président Hosni Moubarak, qui se maintient au pouvoir malgré le mouvement de protestation massif qui secoue le pays.

Au moment où le communiqué des militaires était lu sur la télévision d'Etat, un colonel de l'armée égyptienne a lu le même message à voix haute devant le palais présidentiel au Caire, dans lequel le haut commandement soutient les réformes annoncées jeudi par Hosni Moubarak.

Les manifestants rassemblés devant le palais lourdement gardé, dont la plupart espéraient obtenir le ralliement de l'armée, ont laissé éclater leur colère en apprenant la position des militaires, et l'un d'entre eux a arraché le micro des mains de l'officier pour protester.

"Vous nous avez déçus, on avait mis tous nos espoirs en vous", a-t-il crié, tandis que la foule entonnait des slogans réclamant que le président Moubarak soit jugé. "Non, non, ce n'est pas un coup d'Etat", s'est défendu le colonel en assurant que l'armée ne prendrait pas le pouvoir, mais veillerait à ce que la volonté populaire soit reflétée dans le programme de réformes du régime.