Lors d'un échange téléphonique, le Premier ministre aurait répondu à Ben Ali que son retour était impossible / AFP
En bref - L’essentiel de l’info
20/01/2011 - 10h07
Zine Ben Ali envisageait-il de revenir en Tunisie ? Selon un membre du gouvernement, l'ex-président aurait fait cette déclaration par téléphone au Premier ministre. Mais Mohamed Ghannouchi lui aurait répondu que c'était impossible. Le gouvernement tunisien veut "une rupture totale avec le passé", a affirmé le président par intérim Fouad Mebazaa, qui a souligné la nécessité de séparer clairement l'Etat et les partis politiques. Des centaines de personnes ont encore manifesté mercredi à Tunis pour réclamer le bannissement de la vie politique des figures du RCD (le parti de Ben Ali), maintenus à des postes-clef dans le nouveau cabinet.
Ecouter - http://www.rtl.fr/actualites/article/ben-ali-aurait-envisage-de-rentrer-en-tunisie-7652284551
Thomas Prouteau | 20/01/2011 - 07h08
Mercredi à Tunis, des manifestants ont encore défilé pour exiger le départ des figures du régime de Ben Ali dans le gouvernement de transition
En détails
Le gouvernement tunisien veut "une rupture totale avec le passé", a déclaré mercredi le président par intérim Fouad Mebazaa, qui a souligné la nécessité de séparer clairement l'Etat et les partis politiques.
Lors d'une allocution télévisée, le président par intérim Fouad Mebazaa a affirmé que les responsables des violences des derniers jours avaient été arrêtés et a promis de poursuivre les efforts pour rétablir la sécurité à travers le pays. Mebazaa et le Premier ministre Mohamed Ghannouchi ont renoncé mardi à leurs fonctions au sein du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti jadis tout-puissant du président déchu Zine ben Ali.
"Nous tenons à séparer l'Etat du RCD (...) Il y aura une rupture complète avec le passé", a dit le chef de l'Etat par intérim à la télévision. "La sécurité s'améliore et nous voulons qu'elle s'améliore encore. Nous avons trouvé tous ceux qui étaient responsables du chaos, qui terrorisaient le peuple", a ajouté Mebazaa, qui a présenté le soulèvement de ces dernières semaines comme une "révolution de la liberté et de la dignité". "Je ferai tout ce que je peux et j'userai de tout mon pouvoir pour que notre pays surmonte cette difficile situation et que se réalisent les espoirs légitimes suscités par ce noble soulèvement, afin de mener à bien cette révolution de la liberté et de la dignité", a-t-il dit.
Signe de l'amélioration de la sécurité, la télévision publique a annoncé que le couvre-feu nocturne était raccourci de trois heures. Il sera en vigueur désormais de 20h00 (19h00 GMT) à 05h00 (04h00 GMT).
Le gouvernement transitoire tunisien, formé après le départ vendredi du président Zine ben Ali pour Djeddah après quatre semaines d'émeutes, a annoncé mercredi la libération de tous les prisonniers politiques de Tunisie, y compris les islamistes. "Tous les détenus politiques ont été libérés aujourd'hui", a déclaré à Reuters le nouveau ministre du Développement régional, Najib Chebbi, par ailleurs dirigeant d'un parti d'opposition.