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En attendant le triomphe de la démocratie, un vent révolutionnaire continue de souffler sur la Tunisie. Du jasmin peut-être, mais encore des morts : cinq ce week-end, et des scènes de chaos en plein centre-ville de Tunis.
Dimanche soir, Mohamed Ghannouchi, Premier ministre très contesté pour ses connivences avec Ben Ali, a préféré jeter l'éponge. Béji Caïd Essebsi, son successeur, est désormais chargé d'assurer la transition. A 84 ans.
Parmi les quelque 100 000 manifestants réunis ce week-end aux abords du ministère de l'Intérieur, la plupart réclamaient la tête des anciens pontes du régime. Pour tourner la page. Mission partiellement accomplie puisque Mohamed Ghannouchi, catalyseur de la vindicte, a tiré les conséquences de son impopularité en démissionnant.
Si la chasse aux anciens « benalistes » continue de plus belle (demandez à Michèle Alliot-Marie), il semblerait que les « bourguibistes » n'aient pas dit leur dernier mot. Ainsi, Foued Mebazaa, Président intérimaire, a pris acte des événements en nommant Béji Caid Essebsi à la tête du gouvernement de transition.
Un homme d'expérience pour gagner du temps
Avocat de formation, Essebsi accède aux arcanes du pouvoir dès 1956 aux côtés de Habib Bourguiba, qui devient un an plus tard président de la République. Rompu aux postes à responsabilité, il est notamment directeur de la Sûreté générale à partir de fin 1962, avant d'être promu ministre de l'Intérieur de 1965 à 1969, puis ministre de la Défense jusqu'en 1970.
Ensuite, c'est le ministère des Affaires étrangères de 1981 à 1986, un passage émaillé par la question palestinienne et le bombardement par l'aviation israélienne de Hammam Chott, dans la banlieue de Tunis, qui abritait les bureaux de l'OLP. Il en finit officiellement avec la politique en 1994, année qui coïncide avec la fin de son mandat de député.
Essebsi est donc un homme d'expérience, un vieux de la vieille. Fort d'une carrière riche, il a l'avantage, pour l'instant, de la surprise et offre au gouvernement un peu de répit. Personne ou presque n'aurait pu tabler sur sa nomination, puisqu'à bien des égards, Mebazaa a carte blanche dans ses choix depuis son intronisation. Il a donc décidé d'utiliser une tactique millénaire, celle de faire du neuf avec du vieux.
Essebsi est, pour une grande partie de la génération Facebook et YouTube, un inconnu. Un ...