
Lundi, la Tunisie voyait naître son nouveau gouvernement, tout beau tout neuf. Une association d'anciens membres du régime Ben Ali et de chefs de l'opposition. Un mélange explosif, dont on se demandait bien s'il allait pouvoir tenir jusqu'aux prochaines élections, dans 6 mois "au plus tard".
Sans nous les gars !
Résultat, ça n'a pas traîné. Après moins de 24 heures de cohabitation, quatre ministres quittent le gouvernement. "Appartenant au syndicat de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), trois (des) démissionnaires entendent ainsi protester contre la reconduction d'anciens ministres de Ben Ali", écritLe Figaro.fr.
Dans l'après-midi mardi, c'est le ministre de la Santé qui quittait à son tour le gouvernement, annonce I>Télé.
Et selon l'agence de presse AP, le ministre de la Culture serait aussi sur le point de les imiter.
La centrale syndicale UGTT ne "reconnaît pas" ce gouvernement. De son côté, le mouvement islamiste Ennahda a dénoncé un "gouvernement d'exclusion nationale", en référence "au gouvernement d'union nationale" annoncé par le Premier ministre Mohammed Ghannouchi lundi.
On prend les mêmes (ou presque), et on recommence
Un gouvernement où les postes clés - Défense, Affaires étrangères, Affaires intérieures et Finances - n'ont pas (encore ?) changé de main, précise Le JDD.fr. Beaucoup de ces ministères majeurs appartiennent au parti de Ben Ali, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD).
Pour l'historien Pierre Wermeren, spécialiste des sociétés maghrébines, il y voit malgré tout un "gouvernement de raison", même si les 3 ministres de l'opposition intégrés "ne sont pas les plus déterminés", dit-il à Paris-Match. Il souligne aussi l'absence dans ce nouveau gouvernement de Moncef Marzouki, opposant radical à Ben Ali, qui vient de revenir mardi en Tunisie après un exil.