Dans le journal marocain Aujourd'hui Le Maroc, Mohamed Darif, sociologue et politoloque, enseignant à l'université Hassan-II à Mohammedia au Maroc, exprime sa crainte concernant la révolte en Tunisie, surnommée par certains 'révolution du jasmin".
C'est sous le couvert de la Constitution tunisienne qu'on a présenté le changement du pouvoir. Tout d'abord on a eu recours à l'article 56 qui laissait la porte ouverte à un retour au pouvoir de Ben Ali et ne donnait pas le droit au président par intérim de briguer la présidence.
Voici le texte de cet article : Article 56. - En cas d’empêchement provisoire, le Président de la République peut déléguer par décret ses attributions au Premier ministre à l’exclusion du pouvoir de dissolution de la chambre de députés. Au cours de l’empêchement provisoire du Président de la république, le gouvernement, même s’il est l’objet d’une motion de censure, reste en place jusqu’à la fin de cet empêchement. Le Président de la République informe le président de la chambre des députés de la délégation provisoire de ses pouvoirs.
Cet article, donc, prévoit que le premier ministre sortant, c'est-à-dire Mohammed Ghannouchi, devient président par intérim pendant la vacance provisoire.
Mais sous les critiques et la pression de la rue, on a eu recours à l'article 57 qui prévoit que le président de la première Chambre, c'est-à-dire Fouad Mebazaa, devient le président et charge le premier ministre Mohammed Ghannouchid’organiser des élections présidentielles dans une période variant entre quarante cinq jours au moins et soixante jours au plus.
Or, après sa nomination, Mohammed Ghannouchi n'a pas, pour sa part, mentionné d'élections, il s'est seulement engagé à "mettre en œuvre des décisions" prises parBen Ali, notamment la tenue de législatives anticipées dans un délai de six mois.
L'inquiétude pour Mohamed Darif est que, si dans cette période transitoire les anciens ministres de Ben Ali réussissent à gérer la situation, ils vont se servir de leur influence et ce sera le provisoire qui durera. Pour lui le meilleur scénario était que l’armée prenne le pouvoir et crée un gouvernement d’unité nationale dont la première action sera l’instauration d’une nouvelle Constitution.
Au lendemain de la formation du nouveau gouvernement, le premier ministre a déclaré sur TF1 : "Les ministres maintenus dans le gouvernement tunisien ont "les mains propres" et ont toujours agi pour "préserver l'intérêt national".
Mohammed Ghannouchi compte rassurer les Tunisiens, qui continuent de manifester, car ils trouvent que leurs nouveaux dirigeants ressemblent trop à la vieille garde.
Mais comme le souligne l'article de TF1, il va leur être difficile d'en changer par leur vote, car le scrutin se tiendra dans le cadre de la Constitution. Une constitution qui a été taillée sur mesure pour l'ex-président Ben Ali.
Il est stipulé dans la Constitution que quiconque brigue la présidence doit avoir dirigé un parti politique au cours des deux années précédentes. Cette disposition a été ajoutée à l'encontre de Najib Chebbi, chef historique du Parti démocratique progressiste et farouche opposant à Ben Ali, et cela pour l'empêcher de se présenter à l'élection présidentielle de 2009.
Est-ce qu'il y aura la possibilité d'amender ces règles despotiques avant la fin des 6 mois ?
Et est-ce que ce gouvernement ne va pas s'opposer à toutes modifications de la Constitution ? Cette Constitution qui est tellement favorable aux "caciques" de l'ancien gouvernement qui sont restés au pouvoir !
http://www.lepost.fr/article/2011/01/18/2375196_tunisie-la-revolution-du-jasmin-a-t-elle-pris-un-mauvais-depart.html#xtor=RSS-30
C'est sous le couvert de la Constitution tunisienne qu'on a présenté le changement du pouvoir. Tout d'abord on a eu recours à l'article 56 qui laissait la porte ouverte à un retour au pouvoir de Ben Ali et ne donnait pas le droit au président par intérim de briguer la présidence.
Voici le texte de cet article : Article 56. - En cas d’empêchement provisoire, le Président de la République peut déléguer par décret ses attributions au Premier ministre à l’exclusion du pouvoir de dissolution de la chambre de députés. Au cours de l’empêchement provisoire du Président de la république, le gouvernement, même s’il est l’objet d’une motion de censure, reste en place jusqu’à la fin de cet empêchement. Le Président de la République informe le président de la chambre des députés de la délégation provisoire de ses pouvoirs.
Cet article, donc, prévoit que le premier ministre sortant, c'est-à-dire Mohammed Ghannouchi, devient président par intérim pendant la vacance provisoire.
Mais sous les critiques et la pression de la rue, on a eu recours à l'article 57 qui prévoit que le président de la première Chambre, c'est-à-dire Fouad Mebazaa, devient le président et charge le premier ministre Mohammed Ghannouchid’organiser des élections présidentielles dans une période variant entre quarante cinq jours au moins et soixante jours au plus.
Or, après sa nomination, Mohammed Ghannouchi n'a pas, pour sa part, mentionné d'élections, il s'est seulement engagé à "mettre en œuvre des décisions" prises parBen Ali, notamment la tenue de législatives anticipées dans un délai de six mois.
L'inquiétude pour Mohamed Darif est que, si dans cette période transitoire les anciens ministres de Ben Ali réussissent à gérer la situation, ils vont se servir de leur influence et ce sera le provisoire qui durera. Pour lui le meilleur scénario était que l’armée prenne le pouvoir et crée un gouvernement d’unité nationale dont la première action sera l’instauration d’une nouvelle Constitution.
Au lendemain de la formation du nouveau gouvernement, le premier ministre a déclaré sur TF1 : "Les ministres maintenus dans le gouvernement tunisien ont "les mains propres" et ont toujours agi pour "préserver l'intérêt national".
Mohammed Ghannouchi compte rassurer les Tunisiens, qui continuent de manifester, car ils trouvent que leurs nouveaux dirigeants ressemblent trop à la vieille garde.
(YouTube vidéo de marwaforem)
Mais comme le souligne l'article de TF1, il va leur être difficile d'en changer par leur vote, car le scrutin se tiendra dans le cadre de la Constitution. Une constitution qui a été taillée sur mesure pour l'ex-président Ben Ali.
Il est stipulé dans la Constitution que quiconque brigue la présidence doit avoir dirigé un parti politique au cours des deux années précédentes. Cette disposition a été ajoutée à l'encontre de Najib Chebbi, chef historique du Parti démocratique progressiste et farouche opposant à Ben Ali, et cela pour l'empêcher de se présenter à l'élection présidentielle de 2009.
Est-ce qu'il y aura la possibilité d'amender ces règles despotiques avant la fin des 6 mois ?
Et est-ce que ce gouvernement ne va pas s'opposer à toutes modifications de la Constitution ? Cette Constitution qui est tellement favorable aux "caciques" de l'ancien gouvernement qui sont restés au pouvoir !
http://www.lepost.fr/article/2011/01/18/2375196_tunisie-la-revolution-du-jasmin-a-t-elle-pris-un-mauvais-depart.html#xtor=RSS-30